Franchement, l'autre matin, quand j'ai servi ma brioche en spirale aux pistaches, il me semblait qu'il s'agissait à tout le moins d'une offre raisonnable de petit déjeuner; après tout, comme j'ai dit à mon fils réfractaire, il y a des enfants qui meurent de faim ("comme ils ont de la chance!", il m'a répondu).
Il y a quelques jours, j'ouvrais les yeux, béat, comme tous les matins de vacances, autour de 7h30, charmé par les rires sonores et les cris amusés de mes deux enfants qui jouaient à la cabane dans le lit de Joyeuse*.


la recette, la méthode: Cakes in the city
Il y a quelques jours, j'ouvrais les yeux, béat, comme tous les matins de vacances, autour de 7h30, charmé par la voix délicate de ma fille Joyeuse* qui babillait dans son lit à barreaux, conversant élégamment avec Mouton, son doudou, ainsi qu'avec Pépette et Kirikou, ses copines les poupons.

gacô, haki, côcô, le cô, lipitibébé, lalo, laka, pipi,
gacô, papa, bumbum, igolo, aouh, lebobo, aho, doudou,
la tètè, gacô, manman, gacô, awa, gacô, gacô.
Savourant cette entrée en matière pour le moins délicieuse, je chaussai mes bèchemaks, et m'en allai préparer le café pour me femme, mince, certes, mais un peu déroutante quand elle s'interroge en grognant sous la couette sur la réelle nécessité de se reproduire dans un monde déjà tellement bruyant.
Il y a quelques jours, j'ouvrais les yeux, béat, comme tous les matins de vacances, autour de 7h30, charmé par la voix délicate de mon fils Léonard* qui chantait à tue-tête les notes de God save the Queen dans le salon, en lisant, je vous le donne en mille, un album de Léonard
emprunté à la médiathèque de notre quartier.

ré ré mi dooo ré'mi, fa fa sol faaa mi'ré, mi ré do réééé
la! la! la! laaa! sol'fa! sol sol sol soool! fa'mi!
fa solfamiré faaaa sol'la!
sisol faaa miii rééééééééééééé
Je remarque que nombre d'entre vous plaignez ma femme mince, la pauvre devant subir mes délires pâtissiers stoïquement afin de préserver cet aspect fondamental de sa personne.
"Mais comment ça, aspect fondamental de sa personne?", vous insurgerez-vous avec raison!
Je dois dire que c'est un Grand Chef absolument réjouit qui vous cause aujourd'hui.
Nous autres, blogueurs culinaires, voyons souvent défiler le mot "ultime", "merveilleux", "sensationnel", "mirifique", "jouissif", "orgasmique".
Eh oui, je le sais, et toi lectrice, tu le sais aussi: ces termes sont fort courrus dans le champ lexical de base du blogueur culinaire, qui a pourtant le sens de la mesure, en général.
Eh bien je n'aurai qu'une chose à dire: foutaises!
J'ai l'heur (19:41)(uh uh) d'avoir goûté à la vraie joie que procure la fonte sous le palais d'un mets fin, subtil et délicat. Voui.
Hier, exaltant l'Amour dès le petit-déjeuner, à l'aide d'une brioche rose (vous connaissez les habitudes de la famille Ricoré qui soigne ses petits-déjeuners), nous apprenions avec un intérêt tout plein de fraîcheur que d'après Sarkozy, si Hitler et Staline n'avaient pas séché le catéchisme pour aller courir la gueuse, la face du monde en eut été changée, ce qui est toujours bon à savoir.